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Que compte faire l’UE concernant le Libéria ? 17 novembre 2006 - http://www.eurodad.org/ L’UE doit annuler la dette illégitime du Liberia et s’engager à lui accorder de nouveaux financements. Déclaration d’EURODAD sur le Liberia, dans le contexte des Journées Européennes du Développement se déroulant du 13 au 17 novembre à Bruxelles. « Les Libériens et la communauté internationale doivent prendre conscience de l’endettement du Liberia. Nous sommes dans l’incapacité absolue d’assurer le service de nos dettes » (La Ministre des Finances du Liberia, Antoinette M. Sayeh, septembre 2006). EURODAD considère que :
Le Liberia est un des pays les plus pauvres et les plus lourdement endettés du monde. Les chiffres sont éloquents. Chaque Libérien doit 1000 USD aux créanciers internationaux, alors que le gouvernement libérien compte sur un revenu annuel de moins de 80 millions de USD. La dette s’élève à plus de 3000% des exportations. La Banque Mondiale et le FMI déterminent qu’une dette est soutenable lorsque le ratio de dette/exportations ne dépasse pas les 150%. Le Liberia émerge de plus de vingt cinq ans de conflit civil continu. La guerre a dévasté le pays. Les Libériens ont une espérance de vie d’à peine 39-40 ans, 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et le taux de chômage est de 85%. En octobre 2005, le pays a tenu ses premières élections démocratiques, à l’issue desquelles Ellen Johnson-Sirleaf, première femme Chef d’Etat en Afrique, a pris le pouvoir. La Présidente du Liberia jouit à la fois du soutien populaire des Libériens et de celui de la communauté internationale. Son gouvernement s’est engagé à éradiquer la pauvreté et à lutter contre la corruption. La Présidente du Liberia est en visite à Bruxelles dans le cadre des Journées Européennes du Développement de la Commission européenne (CE) qui se tiennent du 13 au 17 novembre 2006. Le Commissaire européen au Développement, Louis Michel, a déclaré que ces Journées du Développement représentaient « une opportunité pour œuvrer à un meilleur futur pour les Africains ». Alors, que fait l’UE pour aider à la reconstruction et au développement du Liberia après-guerre ? Pas assez, dénonce EURODAD. Plusieurs Etats membres de l’UE sont des créanciers importants du Liberia, mais n’ont toujours pas annulé sa dette. EURODAD les exhorte à annuler immédiatement et sans condition la dette du Liberia. Les chiffres révèlent que les dettes du Liberia envers l’Allemagne et le Royaume-Uni sont presque entièrement composées d’intérêts et de pénalités de retard. Prenons l’exemple du Royaume-Uni : à l’origine, le Liberia lui a emprunté 17,9 millions de USD. A cause des retards de paiement et des frais de pénalité, les intérêts s’élèvent aujourd’hui à 58,4 millions de USD, ce qui signifie que le Liberia doit maintenant la somme astronomique de 77,4 millions de USD au gouvernement britannique. Comment le Royaume-Uni peut-il espérer que le citoyen libérien ordinaire rembourse cette dette ? La Dette Bilatérale du Liberia par Créancier 2005 (000,000 USD)
(Source : Banque Centrale du Liberia) Le Liberia a également des dettes envers l’Italie (51 millions de USD), le Danemark (17 millions de USD), la France (16 millions de USD), la Suède (9 millions de USD) et la Belgique (2,1 millions de USD). Louis Michel doit faire valoir son rôle de dirigeant international et appeler les Etats membres de l’UE à annuler cette dette immédiatement. Pour le moment, les Etats membres de l’UE proposent que le Liberia rejoigne l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Toutefois, ce programme international de réduction de la dette ne permettra pas au Liberia de voir sa dette annulée avant 2009, car le pays doit auparavant soumettre les réformes qu’il aura entreprises à l’appréciation du FMI et de la Banque Mondiale. En outre, tant qu’il n’aura pas réglé ses substantiels arriérés au FMI, à la Banque Mondiale et à la Banque Africaine de Développement, le Liberia ne pourra de toute façon pas entamer le processus de l’Initiative PPTE. Ces arriérés s’élèvent à 1,47 milliard de USD, somme que le Liberia est totalement incapable de payer. Que propose donc la communauté internationale ? Les gouvernements européens et les Etats-Unis sont actuellement en pourparlers pour décider qui devra accorder de nouveaux prêts et de nouveaux dons au Liberia afin de rembourser le FMI et la Banque Mondiale. Ces mesures permettront au Liberia de contracter de nouveaux emprunts auprès de ces institutions. L’UE comptabilisera cependant cette aide « spéciale » comme de l’aide publique au développement (APD), dont le Liberia ne verra jamais le moindre centime, puisque les fonds iront directement alimenter les coffres du FMI et de la Banque Mondiale. Tout cela est loin d’être suffisant. L’UE doit faire plus. EURODAD exhorte tous les gouvernements européens à reconnaître la gravité de la situation sociale et économique du Liberia et à annuler immédiatement et sans condition sa dette. Cette décision devrait de toute façon être prise en reconnaissance de la nature « odieuse » de la plupart des créances bilatérales contractées. Le G8 avait accordé des liquidités au despote Samuel Doe en échange du soutien de la nation contre Mouammar Kadhafi en Libye dans les années 80. Les citoyens libériens ont bien évidemment tiré très peu de bénéfices de ces transactions de prêts, si toutefois ils en ont tiré. Les créanciers doivent reconnaître leur part de responsabilité dans la situation alarmante que le pays affronte aujourd’hui. « Il est vraiment malheureux qu’un gouvernement démontrant un tel engagement et une telle énergie, déterminé à entreprendre de grandes choses et n’ayant absolument aucune responsabilité dans les dettes du pays, doive passer autant de temps et dépenser autant d’énergie à négocier avec les créanciers - à qui incombe la responsabilité d’avoir accordé les prêts en question. » (Paul Wolfowitz, Président de la Banque Mondiale, juillet 2006) EURODAD soutient que la dette du Libéria est impossible à rembourser, qu’une partie de cette dernière est illégitime, et qu’il n’est d’aucune utilité qu’elle reste simplement inscrite sur les registres des créanciers. Les gouvernements de l’UE ne devraient pas attendre que le Liberia soit parvenu au terme du processus de l’Initiative PPTE pour annuler la dette, et devraient le faire dès à présent. Les Etats membres de la CE et de l’UE doivent en outre augmenter les montants d’aide au développement qu’ils accordent et les débloquer sans délai, notamment par le biais d’un soutien budgétaire direct au gouvernement du Liberia. Le pays souffre d’un manque chronique de ressources et ne peut compter sur ses seuls 80 millions de USD de revenus annuels pour satisfaire aux besoins de reconstruction et de développement d’après-guerre. Le gouvernement libérien a démontré son engagement à reconstruire le pays et à lutter contre la pauvreté et la corruption, mais n’a pas les ressources nécessaires pour y parvenir, ce qui menace la paix fragile que connaît actuellement le pays.
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